À retenir en 30 secondes
760 000 postes à pourvoir chaque année en France entre 2025 et 2030.
115 000 nouveaux postes d'ingénieurs informatiques d'ici 2030 (France Stratégie).
L'IA, la data, la cybersécurité, l'énergie bas carbone, le spatial et la chimie verte concentrent les recrutements.
La spé maths + physique-chimie est la doublette qui ouvre le plus de portes vers ces métiers.
Pourquoi ces 15 métiers et pas d'autres
Nous avons retenu les métiers qui réunissent trois critères. D'abord, la croissance projetée des effectifs d'ici 2030, mesurée par France Stratégie, France Travail et le Forum économique mondial. Ensuite, l'adéquation avec les compétences acquises en spé maths et en spé physique-chimie : modélisation, raisonnement quantitatif, démarche expérimentale, programmation. Enfin, la diversité des niveaux d'études : tous les métiers listés sont accessibles avec un parcours qui va du BUT (bac+3) au doctorat (bac+8), pour ne pas réduire la palette à un seul profil scolaire.
Les sources mobilisées sont publiques et vérifiables : France 2030, France Travail, Onisep, France Stratégie, Forum économique mondial (Future of Jobs Report 2025). Les chiffres de salaires sont des médians ou fourchettes citées par des cabinets de recrutement (Hays, Glassdoor) et reflètent l'état du marché français en 2025-2026.
Numérique, IA et data (métiers 1 à 5)
1. Data scientist
Transforme les données brutes en informations exploitables : analyse statistique, modèles prédictifs, visualisations. Recherché dans tous les secteurs (banque, santé, industrie, e-commerce, services publics).
Études : école d'ingénieurs (spé data ou IA) ou master en maths appliquées, statistiques ou informatique. Bac+5 minimum.
Salaire indicatif : entre 48 000 € et 67 000 € en début de carrière à Paris, médiane autour de 50 000 € sur le territoire.
Marché : en forte hausse, déjà tendu côté employeur.
2. Ingénieur en intelligence artificielle et machine learning
Conçoit les algorithmes d'apprentissage automatique qui sous-tendent la reconnaissance d'images, la traduction, les agents conversationnels, l'IA générative. Selon le Future of Jobs Report 2025, 86 % des employeurs s'attendent à ce que l'IA transforme leurs opérations d'ici 2030.
Études : école d'ingénieurs (spé IA), master en maths appliquées ou informatique. Les postes les plus pointus exigent un doctorat.
Salaire indicatif : au moins 50 000 € en début de carrière, davantage avec une thèse ou une expérience à l'étranger.
Marché : très forte croissance, structurellement déficitaire en talents.
3. Analyste et ingénieur en cybersécurité
Protège les systèmes, les données et le cloud face à des menaces croissantes. Les rôles vont de l'analyste SOC (centre de surveillance) à l'architecte sécurité.
Études : école d'ingénieurs ou master en cybersécurité, informatique ou réseaux. Le BUT informatique avec spécialisation cybersécurité permet aussi une entrée rapide.
Salaire indicatif : entre 38 000 € et 58 000 € par an, environ 3 080 € bruts mensuels en début de carrière selon l'Onisep.
Marché : hausse continue, métier en tension.
4. Data engineer
Construit les pipelines qui collectent, transforment et stockent les données. Sans lui, le data scientist n'a rien à analyser. Le métier est moins médiatique mais aussi recherché, souvent davantage.
Études : école d'ingénieurs ou master en informatique, data ou cloud.
Salaire indicatif : proche du data scientist en début de carrière, parfois supérieur car le profil est plus rare.
Marché : croissance forte.
5. Ingénieur cloud computing
Déploie et administre les infrastructures dématérialisées (AWS, Azure, Google Cloud). Le secteur informatique français doit pourvoir environ 190 000 postes d'ici 2030, et le cloud concentre une part importante de ces recrutements.
Études : école d'ingénieurs en informatique ou réseaux, master spécialisé cloud.
Salaire indicatif : élevé, profils rares.
Marché : croissance forte, tension structurelle.
Énergie et transition écologique (métiers 6 à 8)
6. Ingénieur en énergie et hydrogène
La décarbonation de l'économie crée un besoin massif d'ingénieurs capables de concevoir et déployer les énergies renouvelables, l'hydrogène vert, le nucléaire de nouvelle génération et les réseaux électriques. France 2030 finance des dizaines de milliers de places de formation dans ces filières.
Études : école d'ingénieurs en énergie ou génie électrique, master énergie. Le BUT génie thermique ou génie électrique permet une voie courte.
Salaire indicatif : entre 36 000 € et 66 000 € par an selon l'expérience.
Marché : très forte croissance, soutenue par les politiques publiques.
7. Ingénieur en énergies renouvelables
Spécialisation du précédent : ce profil conçoit les fermes solaires, les parcs éoliens, les systèmes de stockage. Le secteur prévoit une croissance d'environ 20 % de ses effectifs d'ici 2030.
Études : école d'ingénieurs avec spécialisation énergies renouvelables, master énergie.
Salaire indicatif : en hausse, dépendant de la spécialité.
Marché : croissance soutenue.
8. Ingénieur en rénovation énergétique
Avec l'objectif européen de réduction de 55 % des émissions d'ici 2030, la rénovation des bâtiments existants est un chantier prioritaire. L'ingénieur en rénovation énergétique pilote des projets d'isolation, de pompes à chaleur, de gestion de l'énergie.
Études : BUT génie thermique, école d'ingénieurs, master énergie.
Salaire indicatif : intermédiaire à élevé.
Marché : croissance liée à la dynamique de la rénovation.
Industrie, matériaux et chimie (métiers 9 et 10)
9. Ingénieur matériaux
Les batteries, le recyclage, les composites, les semi-conducteurs et la chimie pharmaceutique tirent la demande. L'ingénieur matériaux conçoit les matériaux des produits et procédés industriels de demain.
Études : école d'ingénieurs matériaux ou chimie, master matériaux.
Salaire indicatif : bon niveau de rémunération.
Marché : demande tirée par les batteries pour véhicules électriques et le recyclage.
10. Ingénieur chimie verte et procédés
La chimie verte vise à réduire l'empreinte environnementale des procédés (consommation d'énergie, déchets, eau). Le secteur de la chimie en France a annoncé environ 120 000 recrutements à pourvoir dans les années à venir, selon France Travail.
Études : école d'ingénieurs chimie, master génie des procédés, BUT chimie en voie courte.
Salaire indicatif : bon niveau, secteur recruteur.
Marché : en hausse.
Spatial, quantique et finance (métiers 11 à 13)
11. Ingénieur spatial et aérospatial
Le spatial vit une nouvelle phase d'expansion en France et en Europe (Ariane 6, satellites, exploration). L'ingénieur aérospatial travaille sur la propulsion, l'électronique embarquée, la navigation, les structures.
Études : école d'ingénieurs aéronautique ou spatiale (ISAE-SUPAERO, ENSMA, ENAC), master en mécanique appliquée ou aéronautique.
Salaire indicatif : bon niveau, variable selon la spécialité.
Marché : porté par l'innovation et les politiques de souveraineté.
12. Ingénieur quantique
Le calcul quantique et les communications quantiques sont des secteurs émergents que la France soutient via France 2030. Les profils sont rares et la demande commence à se structurer.
Études : master en physique fondamentale, école d'ingénieurs avec spécialisation quantique. Un doctorat est souvent attendu pour les postes de recherche.
Salaire indicatif : entre 38 000 € et 50 000 € en début de carrière, davantage avec expérience.
Marché : émergent, à fort potentiel.
13. Actuaire
L'actuaire modélise les risques pour les compagnies d'assurance, les banques et les fonds de pension. Le métier exige un haut niveau de mathématiques appliquées (probabilités, statistiques, finance quantitative).
Études : master d'actuariat reconnu par l'Institut des Actuaires (ENSAE, Dauphine, ISFA), ou école d'ingénieurs avec spécialisation actuariat.
Salaire indicatif : salaire médian autour de 56 000 € par an selon les cabinets de recrutement, davantage à Paris.
Marché : demande stable à croissante.
Métiers émergents (métiers 14 et 15)
14. Développeur logiciel full stack avec compétences IA
Maîtrise à la fois la partie front-end (interface) et back-end (serveur, base de données) d'une application. L'intégration des fonctionnalités IA dans les applications fait monter cette demande au-delà du strict besoin de codeurs.
Études : école d'ingénieurs en informatique, master, ou BUT informatique pour une voie courte.
Salaire indicatif : variable selon la séniorité, fortement valorisé sur le marché.
Marché : croissance continue.
15. Concepteur d'interactions humain-IA
Métier émergent identifié dans le Future of Jobs Report 2025. Combine design d'interface, psychologie cognitive et compréhension technique de l'IA pour concevoir des outils où humains et machines coopèrent efficacement.
Études : master en design d'interaction, en sciences cognitives ou en IA, école d'ingénieurs avec spécialisation UX.
Salaire indicatif : encore peu de données françaises, fourchettes hautes pour les profils mixtes design + IA.
Marché : émergent, à surveiller pour 2027-2030.
Tableau de synthèse
| Métier | Niveau d'études | Voie d'accès principale | Croissance d'ici 2030 |
|---|---|---|---|
| Data scientist | Bac+5 | École d'ingé / master maths appli ou IA | Très forte |
| Ingénieur IA / ML | Bac+5 à bac+8 | École d'ingé / master IA / doctorat | Très forte |
| Analyste cybersécurité | Bac+3 à bac+5 | BUT, école d'ingé, master | Forte |
| Data engineer | Bac+5 | École d'ingé / master data | Forte |
| Ingénieur cloud | Bac+5 | École d'ingé / master cloud | Forte |
| Ingénieur énergie / hydrogène | Bac+3 à bac+5 | BUT, école d'ingé, master énergie | Très forte |
| Ingénieur ENR | Bac+5 | École d'ingé énergie | Forte |
| Ingénieur rénovation énergétique | Bac+3 à bac+5 | BUT, école d'ingé | Forte |
| Ingénieur matériaux | Bac+5 | École d'ingé matériaux / chimie | Forte |
| Ingénieur chimie verte | Bac+3 à bac+5 | BUT chimie, école d'ingé | Forte |
| Ingénieur spatial | Bac+5 | École d'ingé aérospatial | Soutenue |
| Ingénieur quantique | Bac+5 à bac+8 | Master physique, doctorat | Émergente |
| Actuaire | Bac+5 | Master actuariat | Stable à croissante |
| Développeur full stack IA | Bac+3 à bac+5 | BUT, école d'ingé, master | Forte |
| Concepteur humain-IA | Bac+5 | Master design / IA | Émergente |
Comment choisir parmi ces 15 métiers
Le choix dépend d'abord du rapport personnel à la matière. Un élève qui aime la modélisation pure et la rigueur mathématique se sentira mieux en data science, en actuariat ou en physique fondamentale. Un élève qui préfère la physique appliquée et le concret ira plus naturellement vers l'énergie, le spatial ou les matériaux. Un élève qui aime la chimie expérimentale s'orientera vers la chimie verte, les batteries, la pharmacie ou la recherche biomédicale.
Le niveau d'études souhaité est le second critère. Le BUT (bac+3) ouvre de vraies portes, en particulier en chimie, en énergie et en informatique, et permet de poursuivre en école d'ingénieurs par les voies de passerelle. La prépa scientifique (MPSI, PCSI, MP2I, PT) reste la voie la plus directe vers les écoles d'ingénieurs les plus sélectives. La licence universitaire est une voie plus souple, à condition de viser un master spécialisé.
Enfin, la mobilité géographique compte. Les métiers du numérique se concentrent largement en Île-de-France et dans les grandes métropoles (Toulouse pour l'aérospatial, Lyon pour la chimie et la santé, Grenoble pour les semi-conducteurs et le quantique). Les postes dans l'énergie et la rénovation sont en revanche distribués sur l'ensemble du territoire.
Quelles compétences développer dès la Terminale
Au-delà du programme de spé maths et de spé physique-chimie, certains acquis sont précieux pour ces 15 métiers. La maîtrise d'un langage de programmation, ne serait-ce que les bases de Python, est désormais attendue dans toutes les filières scientifiques. La capacité à présenter un raisonnement à l'oral, travaillée par le grand oral, sera mobilisée toute la carrière. La curiosité pour les sciences appliquées, alimentée par des conférences, des MOOC, ou des chaînes de vulgarisation, fait la différence sur les dossiers Parcoursup.
Le rapport du Forum économique mondial place trois compétences en tête des plus recherchées d'ici 2030 : l'IA et le big data, les réseaux et la cybersécurité, et la pensée analytique. Les deux premières s'apprennent dans le supérieur. La troisième se construit dès le lycée, à travers la résolution d'exercices ouverts en spé maths et la démarche expérimentale en physique-chimie.