1. La méthode d'analyse

L'analyse repose sur la lecture intégrale des 88 contenus uniques de la banque ECE 2026. Chaque sujet a été classé selon trois critères : son sous-thème principal, les notions du programme qu'il mobilise, et le type de tâche centrale demandée à l'élève.

Quatre sujets de la banque 2026 sont des sujets réutilisés des sessions antérieures : PC 42 et PC 64 (session 2023), PC 45 et PC 78 (session 2025) — ils occupent les emplacements PC 56, 61, 74 et 77 de la banque 2026. Les sujets PC 62 « Écran tactile capacitif » et PC 89 « Fil de suture » existent en deux versions A et B. Le total est donc de 88 contenus uniques pour 90 emplacements.

2. Le classement chapitre par chapitre

RangChapitreSujets% du corpus
1Titrages (acido-basique, redox, conductimétrique, spectrophotométrique)1415,9 %
2Synthèse organique (reflux, CCM, recristallisation)910,2 %
3Dipôle RC, condensateurs, capteurs capacitifs89,1 %
3Oxydoréduction, piles, électrolyse89,1 %
5Cinétique chimique78,0 %
5Optique géométrique (lentilles, formation d'image)78,0 %
5Diffraction et interférences78,0 %
5Mécanique des fluides (Archimède, Bernoulli, viscosité)78,0 %
5Bilans énergétiques et transferts thermiques78,0 %
10Mécanique du solide (cinématique, chocs, plan incliné)44,5 %
10Extraction, séparation, chromatographie44,5 %
12Ondes sonores (Doppler, atténuation)33,4 %
13Identification, spectroscopie11,1 %
13Acide-base, équilibres11,1 %
13Énergies renouvelables, stockage11,1 %

Un élève qui maîtrise le top 5 (titrages, synthèse organique, dipôle RC, oxydoréduction, cinétique) couvre environ 53 % des sujets. En y ajoutant l'optique géométrique, la diffraction et la mécanique des fluides, le taux de couverture monte à 77 %.

3. Le top 5 en détail

Titrages — 14 sujets

C'est le chapitre le plus fréquent, sous toutes ses formes : colorimétrique (6 sujets), pH-métrique (3), conductimétrique (3), spectrophotométrique (4 sujets). À maîtriser absolument : le rinçage de la burette, la lecture du volume équivalent à hauteur des yeux, le tracé de la courbe de titrage et de sa dérivée pour les pH-métriques, la courbe en V pour les conductimétrique.

Synthèse organique — 9 sujets

Le chapitre couvre les protocoles de synthèse au laboratoire : montage à reflux, recristallisation, suivi par CCM, détermination du rendement. Les sujets demandent souvent d'optimiser un protocole donné, de critiquer un rendement ou de calculer une masse théorique vs réelle. La rédaction de protocole pur est rare (4 % du corpus) — il s'agit surtout d'appliquer un protocole et d'exploiter ses résultats.

Dipôle RC, condensateurs, capteurs capacitifs — 8 sujets

Formule centrale : τ = R × C. Trois questions reviennent quasi-systématiquement : déterminer τ à partir d'un enregistrement de tension (méthode des 63 %, tangente à l'origine, ou fit exponentiel), calculer R ou C connaissant τ et l'autre composante, modéliser un capteur capacitif dont la capacité dépend d'une grandeur physique.

Oxydoréduction, piles, électrolyse — 8 sujets

Demi-équations, équations bilans, calcul d'avancement, électrolyse et constante de Faraday. Les sujets jouent souvent sur des applications concrètes : protection d'un métal par anode sacrificielle, fonctionnement d'une pile usuelle, détermination expérimentale de la constante d'Avogadro ou de Faraday.

Cinétique chimique — 7 sujets

Suivi de l'évolution d'une concentration au cours du temps, par spectrophotométrie (loi de Beer-Lambert), conductimétrie, mesure de volume de gaz, ou apparition d'un trouble. Vérification de l'ordre 1 par tracé de ln[A] = f(t), calcul du temps de demi-réaction par t½ = ln(2)/k.

4. Les chapitres absents ou très peu couverts

  • Radioactivité, noyaux, demi-vie : 0 sujet. La manipulation de sources radioactives en lycée est strictement encadrée et incompatible avec un format d'1 h de paillasse.
  • Mouvement dans un champ uniforme électrostatique : 0 sujet.
  • Lois de Kepler, mouvement des satellites : 0 sujet — ces notions sont théoriques et difficilement expérimentables.
  • Bilan radiatif terrestre, effet de serre : 0 sujet, alors que le programme y consacre une partie complète.
  • Spectroscopie IR et RMN : 1 sujet seulement.

Conclusion pratique : pas la peine de revoir tes cours sur Kepler ou la radioactivité avant l'ECE. Garde ce travail pour l'écrit, où ces notions peuvent tomber en exercice d'application.

5. Les compétences réellement testées

Type de tâche dominante% des sujets 2026
Exploiter des mesures42 %
Réaliser une manipulation24 %
Modéliser11 %
Coder (Python)10 %
Valider ou critiquer un résultat9 %
Rédiger un protocole4 %

Dans deux tiers des sujets, la tâche centrale est soit d'exploiter des mesures, soit de manipuler. La rédaction de protocole pur ne représente que 4 % du corpus — il ne sert à rien d'apprendre par cœur des protocoles types pour les recracher, mais il est crucial de savoir les appliquer proprement et exploiter ce qu'ils produisent.

Trois compétences transverses dominent l'épreuve, indépendamment du chapitre tiré :

  1. Exploiter des mesures sous tableur ou Python : tracer une courbe, ajuster un modèle linéaire, lire une équation de régression, en déduire une grandeur physique. Présent dans plus de 60 % des sujets.
  2. Calculer et exprimer une incertitude : type A (écart-type sur n mesures) et type B (matériel), incertitude composée pour une grandeur calculée, présentation du résultat avec le bon nombre de chiffres significatifs. Demandé dans 53 % des sujets.
  3. Manipuler proprement : pesée à la balance de précision, pipetage, rinçage de la verrerie, montage d'un titrage, branchement d'un circuit.

6. Place du numérique

OutilSujets concernés
Tableur (LibreOffice Calc, Excel, Regressi)36
Python20
Logiciel d'acquisition (LatisPro, Avimeca, Tracker)14
Arduino4
micro:bit1
Aucun outil numériqueenviron 30

Le tableur reste le premier outil numérique de l'ECE, présent dans 4 sujets sur 10. Python suit avec environ 1 sujet sur 4, souvent pour le calcul d'incertitudes par simulation Monte-Carlo ou pour automatiser une régression linéaire. Arduino et micro:bit restent marginaux.

À retenir : la maîtrise du tableur (régression linéaire, barres d'erreur, calculs en cascade) couvre plus de sujets que Python. Mais Python est désormais bien installé : il faut savoir, a minima, lire et adapter un programme court, comprendre une boucle for, et utiliser numpy.random pour simuler des incertitudes. Le squelette du programme est toujours fourni dans l'énoncé, tu n'as jamais à coder Python de zéro le jour J.